Chef de département
Dominique SAFFRAY
Ingénieur Agricole
Chercheuse associée
Maria Cristina OSELLA
Docteur Vétérinaire
Docteur universitaire
Diplômée ECVBM/CA
Technicien
Florian SEURIN
BTS Agricole
+33 (0)4 90 75 57 05
Le consommateur du XXIème siècle réclame des produits de qualité, organoleptique et sanitaire, issus d’animaux élevés dans des conditions respectant ses besoins physiologiques et psychiques. La recherche du sens, le souci éthique, conduisent à une exigence de plus en plus prégnante en matière de bien-être animal. L’éleveur ressent souvent cette demande comme une accusation, une pression sociale, politique et réglementaire qui vient s’ajouter à des préoccupations budgétaires croissantes.
Dans le même temps, les contraintes économiques viennent limiter le pouvoir d’achat du consommateur et conduisent celui-ci à limiter sa consommation et à faire du prix un élément majeur de la décision d’achat. Le risque de contradiction entre ces aspirations et ces contraintes est très grand.
Pour répondre à ces défis, nous avons décidé d’orienter nos projets de recherche selon quatre axes :
Identifier des indicateurs de stress fiables et utilisables en pratique
d’élevage : cet objectif vise à rendre possible un suivi
régulier de l’état des animaux, mais aussi une évaluation
des stratégies, matériels ou produits préconisés dans la
gestion des conditions de vie des différentes espèces de
production.
L’attachement est un processus de plus en plus étudié. Ce lien qui s’établit
entre la mère et sa progéniture, et dont les implications
concernent à la fois la physiologie et le comportement des
animaux, joue un rôle important dans la sensibilité au stress
et la capacité d’adaptation des animaux. Durant
l’établissement de l’attachement, une période qui correspond
aux quelques heures à quelques jours suivant la mise-bas, la
mère et sa progéniture émettent des signaux chimiques (des
phéromones) qui vont permettre la reconnaissance mutuelle,
rassurer chacun des partenaires de cette interaction, et
stimuler la recherche du contact.

Nous avons mis au point des protocoles de prélèvement et d’analyse de ces signaux et nous sommes parvenus à reproduire certaines de ces phéromones. L’objectif de nos travaux, dans le prolongement de notre implication en matière de bien-être animal, consiste à évaluer l’intérêt des phéromones maternelles de synthèse dans la prévention et la gestion du stress des espèces de production.
Le contrôle de la reproduction est en enjeu majeur en élevage
moderne. Longtemps, les seules méthodes utilisées ont impliqué
le recours à l’administration d’hormones naturelles ou de
synthèse. Les progrès accomplis grâce à ces techniques ont été
payés d’un prix qui paraît aujourd’hui inacceptable :
présence de résidus ayant un impact sur la santé humaine,
libération de métabolites actifs dans les déjections animales,
avec des conséquences préoccupantes sur l’environnement et les
populations animales et humaines. Cette approche n’est
aujourd’hui plus acceptable, elle n’est compatible ni avec les
exigences modernes en matière de santé publique ou de
développement durable.
Le Département Animaux de Rente de l’Institut de Recherche Phérosynthèse travaille sur une approche différente. La sexualité des animaux est notamment régulée par l’émission de messages chimiques (sémiochimiques) qui vont agir sur l’hypothalamus et l’hypophyse. En comprenant mieux les modalités d’émission de ces messages, en identifiant les zones corporelles émettrices, nous pouvons prélever ces messages et les analyser. La mise au point d’analogues synthétiques permet alors d’envisager une nouvelle approche du contrôle de la reproduction, mimant les régulations naturelles et exempte de résidus dans les aliments d’origine animale ou d’émissions de polluants.
La philosophie du Département Animaux de Rente de l’Institut de Recherche Phérosynthèse : une compréhension des besoins réels de l’animal et une compréhension de ses modes de communication pour une production optimisée de qualité respectueuse des hommes, des animaux et de l’environnement.
Les principaux mammifères élevés dans le domaine agricole ont fait l'objet d'études au sein de notre Institut de Recherche et nous avons ainsi identifié plusieurs phéromones apaisantes à partir de sécrétions prélevées sur les mamelles des femelles ayant mis bas quelques jours auparavant.
Dans la filière porcine, nous avons identifié la Pig Appeasing Pheromone (PAP), qui permet de
diminuer le stress des animaux lors du sevrage, des allotements ou du transport.
Pour la filière bovine, la Bovine Appeasing Pheromone (BAP)
peut contribuer à améliorer les conditions de transport,
l'entrée des veaux en atelier d'engraissement, les premières
buvées.
Dans la filière ovine, la Sheep Appeasing Pheromone (SAP)
améliore les conditions de sevrage et de transport.
Pour la filière cuniculicole, nous avons identifié la Rabbit Appeasing Pheromone (RAP).
Cette phéromone apaisante a conduit a l'élaboration de Lapezil, un bloc
diffuseur qui permet, lorsqu'il est installé dans les
maternités des élevages cuniculicoles, de réguler l'émotivité
lors de la fin de gestation et de la mise-bas. Lapezil a reçu
une mention spéciale Innov'Space et a été lauréat du prix
Cuninov en 2007.
Nos études se sont portées en premier lieu sur la poule.
Nous avons mis en évidence, chez la poule suitée (s'occupant de ses poussins),
un sémiochimique appelé MHUS (Mother Hen Uropygial Secretion),
sécrété au niveau de la glande uropygiale, qui joue un rôle dans le lien d'attachement
entre la poule et ses poussins et diminue le niveau de stress des poussins mais
aussi des adultes. Ce sémiochimique a permis d'élaborer
AviZen, un bloc diffuseur qui s'installe dans les élevages
avicoles et permet d'améliorer les courbes de croissance et
qui peut également diminuer certains types de piquage. AviZen
a été récompensé par le prix Innov'Space en 2009.
Il est commercialisé par le laboratoire ODORS.
Le pou rouge (Dermanyssus gallinae) est un acarien hématophage
qui parasite la poule domestique et qui infeste de nombreus
élevages avicoles. Nous avons identifié au niveau de la glande
uropygiale du canard un sémiochimique (appelé DDRA, pour Duck
Dermanyssus Repellent Allomone) qui,
lorsque il est diffusé au sein des bâtiments d'élevage de poules, entraîne une confusion
d'hôte (le Dermanys étant informé de la présence de canards à
la place de la présence de poules) et par conséquent une
désorganisation des colonies et un déclin de la population de parasites.
Nos travaux de recherche sur ce sémiochimique ont conduit à l'élaboration d'une solution de traitement, commercialisée par Véto-Pharma sous le nom de Wakumo.
Pour mieux comprendre les mécanismes physiologiques et comportementaux qui sont mis en action par les diverses phéromones que nous étudions, plusieurs projets font l'objet de travaux universitaires dans le cadre de thèses de 3ème cycle.
Pour aboutir au produit AviZen, nous avons consacré plusieurs années de recherche sur les
propriétés du message odorant émis par la poule suitée,
concrétisées par l'obtention d'une thèse délivrée par
l'Institut National Polytechnique de Toulouse. Vous pouvez
consulter l'intégralité de cette thèse en cliquant sur ce lien :
Effets du sémiochimique MHUSA (Mother Hens’ Uropygial Secretion Analogue) sur le stress des poulets de chair.
Approches zootechnique, physiologique et comportementale."
Actuellement, nous menons de nombreux essais pour éclaircir les processus mis en jeu par la phéromone sexuelle que sécrétent les béliers et qui permet de déclencher des cycles ovariens chez les brebis.
Ces travaux s'inscrivent également dans une démarche universitaire et aboutiront à l'obtention d'une thèse.

